Le parapente, activité cousine du kite, fait depuis longtemps fureur auprès de beaucoupde riders. Avec un nom pareil, le « parakite » nous fait du pied à l’arrière des plages et sur les réseaux. Certains pro-kiteurs ont développé une vraie passion pour cette aile, à aborder toutefois avec prudence. Le parakite n’est pas une porte d’entrée au vol libre, mais conduit beaucoup d’entre nous à s’y intéresser. Ce petit parapente capable de piquer pour voler à proximité du sol n’enlève en rien son intérêt au parapente classique, par lequel doit se faire l’apprentissage. Le vol vous attire ? Voici dix bonnes raisons de franchir le pas… mais aussi quelques-unes de vous abstenir !
- Si vous aimez dans le kite sa capacité à vous envoyer en l’air et son hangtime : vous adorerez pouvoir voler pendant des heures sous un parapente, à 2m ou 2000m au-dessus du sol, avec un engin spécialement conçu pour ça. Si vous vibrez pour les cliff start, le tow et en snowkite pour le vol de pente… qu’attendez-vous ?
- Vous savez piloter un kite… vous aurez probablement et instinctivement des facilités en gonflage, l’exercice fondamental du parapente !
- Vous trouvez du plaisir en kite dans la vitesse, la courbe, l’accélération, la prise de hauteur, la précision, la technicité, le pilotage, mais aussi la beauté du paysage et du geste… vous avez aussi tout ça avec les parapentes ! Enfoncez un peu les commandes, vous verrez que ce n’est pas que pour les retraités !
- Vous détestez naviguer en conditions plein onshore… c’est ce qu’il y a de mieux pour s’amuser sur les falaises et les dunes en wagga ! Dix nœuds c’est trop limite pour vous en kite ? C’est parfait pour voler en soaring (vol de pente) !
- Vous déprimez dans la pétole… c’est plutôt bon signe pour aller voler dans les reliefs. Le parapente est une activité complémentaire (de beau temps) très satisfaisante qui peut en plus ne pas prendre trop de place dans le coffre et le garage. Le vol libre est en opposition de saison touristique : quand les côtes sont bondées et hors de prix, vous profitez des montagnes, puis revenez ensuite au kite sans les touristes !
- Vous êtes avides de sensations : dans le parapente il y en a pour tous les goûts ! Soaring pépère et contemplatif en bord de mer ou wagga fun et rugueux sur les dunes en minivoile ou parakite. Marche & vol en montagne, simples ploufs oniriques ou vol thermique en local, vol de distance à la découverte des paysages de plaine ou sur les reliefs. Sensations de vitesse de dingue avec le vol de proximité en Speedflying (à pied) / Speedriding (à ski). Engagement émotionnel en voltige (acro) avec des G à gogo et estomac upside-down. On peut ne pas se faire peur en parapente, mais si c’est ce qui vous excite… il y a de quoi faire aussi !
- Plus on monte haut, plus on voit loin, plus apparaissent de nouveaux sommets et de possibilités… Monter jusqu’aux nuages sans moteur, les frôler, tournoyer avec des vautours, échafauder un cheminement, parcourir des dizaines de kilomètres, c’est complètement fou !
- Sous des aspects parfois pépères il y a un vrai plaisir de glisse, exigeante mais que vous continuerez à bonifier pendant des décennies. Les très bons pilotes ont de l’expérience et sont nombreux même après 70 ans, on n’est pas en dehors du coup après 25 ans, ce qui nous laisse à tous l’espoir de pouvoir performer et progresser encore à tout âge.
- Votre sécurité dépend de votre compréhension de ce qui vous entoure : vous apprendrez énormément de choses en météo et mécanique de vol qui vous seront aussi utiles en kite. Voler intelligemment, en se demandant où on peut aller et où on ne peut pas aller est très riche !
- On a parfois l’impression que l’océan ne nous veut pas. Quand la flotte est gelée, quand les vagues sont énormes, quand l’orientation ou la marée ne vont pas… C’est pas qu’il fasse toujours chaud ou que la masse d’air soit toujours agréable en vol, mais si on fait tout bien, on peut rester au sec en passant un bon moment, au lieu de se faire violence dans l’eau.
… OU PAS !
- Le prix de votre quiver kite vous désespère ? Vous adorerez vendre votre dernier rein pour celui de parapente ! Il faudra une sellette et une aile (voire deux pour voler dans le vent fort) avec en plus un secours et un vario si vous volez sur les reliefs. Ça fait encore du matos à accumuler et de la surconsommation, plus une assurance RC obligatoire. On est dans les prix des ailes à caissons, homologuées… et en bon état, parce que cette fois notre vie en dépend ! Le marché d’occasion est toutefois assez fiabilisé par des contrôles qui garantissent la sécurité du matériel.
- Les sports qui dépendent du vent et de la couleur du ciel sont générateurs d’immenses frustrations quand les conditions ne sont pas réunies… vous le savez déjà trop bien. Préparez-vous à en baver, surtout avec le changement climatique, on dirait bien que ça se gâte un peu.
- Après avoir passé des heures à préparer votre météo, choisir le spot, le rejoindre et y monter, organiser une récupération et revenir, le parapente, surtout en montagne, peut être très prenant en temps et en implication. Et parfois pour se prendre un but ou foirer son vol !
- Entre le kite et le parapente, en supposant qu’il y a aussi la wing, le surf, surffoil, Sup, probablement un peu de VTT et de ski… ça risque de devenir compliqué de vous occuper de votre boulot et de votre famille ! Parfois les bonnes conditions se superposent. Encore des choix cornéliens à opérer !
- Les spots de soaring de bord de mer sont fragiles et disparaissent en raison de l’érosion, de l’urbanisation et de l’interdiction de piétiner les dunes. Il y a par conséquent souvent trop de monde sur les derniers sites autorisés. Heureusement en montagne, ou même dans la campagne Normande, il y en a plein d’autres exploitables.
- Etre un bon rider ne fait pas de vous automatiquement un pilote, encore moins un bon formateur. Il y a plein de nouvelles choses à apprendre, et cela peut imposer d’aller en école : elle dispose du matériel adapté à l’initiation et de l’expérience de l’enseignement que n’a pas forcément votre pote généreux et enthousiaste pour vous initier.
- La sécurité passive des parapentes est plutôt bonne, et ils sont conçus pour voler à des centaines de mètres de hauteur, ce que ne sont pas les kites. Néanmoins, vous comprendrez que la conséquence d’un incident est potentiellement plus grave. Il y a des morts. La plupart des accidents surviennent près du sol, qui n’est pas liquide, au déco ou à l’atterrissage, mais voler avec 1000m de gaz sous les pieds n’est pas anodin non plus. La gestion du risque doit être encore plus consciencieuse qu’en kite.
- Ça semble facile et on en veut tout de suite beaucoup plus! Attention à ne pas surestimer ses capacités et faire n’importe quoi ! Surtout avec le parakite qui, permet de voler très vite en 3D, avec une tendance à voler accéléré très près du sol… qui ne le destine donc pas aux néophytes du vol !
KESACO LE PARA-KITE ?
Ce concept, auquel nous avions consacré un article il y a déjà dix ans dans Stance lorsqu’il n’était même pas encore embryonnaire, est un parapente destiné au vol de pente (soaring) et de proximité (speedflying et speedriding). Il offre un supplément de fun en rassemblant frein et accélérateur sur la même commande : Au lieu d’agir sur le seul bord de fuite, la commande modifie aussi l’angle d’incidence (comme le trim du kite), ce qui permet de piquer et d’ajouter de la profondeur en sortie de virage. La position «bras haut» du parapente classique, qui offre le maximum de plané et qui est celle «de sécurité», qu’on prend en cas de problème, devient la position full speed… Ceci implique un pilotage un peu différent et surtout d’adopter de nouveaux reflexes. En dépit d’un profil très solide, l’éventuelle fermeture d’une voile accélérée sera bien plus violente, or on voit bien la tendance à voler beaucoup plus accéléré en parakite qu’en parapente (et à des moments où il ne venait pas à l’idée d’utiliser l’accélérateur au pied). Ceci, d’autant plus que le parakite a vocation à voler à de très faibles hauteurs.
Ces ailes ne sont pas conçues pour affronter les turbulences du vol thermique et sont par conséquent moins polyvalentes que les parapentes. Il n’est pas recommandé de lâcher les commandes et on ne peut pas fermer les oreilles (pour descendre plus vite). Ces ailes sont souvent dotées de profils dits reflex, plus stables aux incidences faibles, mais imposent néanmoins un pilotage toujours actif. La temporisation manuelle des abattées doit se faire sans demi-mesure, au risque d’annuler cet effet reflex. On a au final des engins plus exigents techniquement, physiquement et mentalement, vous comprenez pourquoi on recommande chaudement d’acquérir au préalable une bonne expérience en parapente puis en mini-voile !


Poster un Commentaire